Dix minutes pour retrouver un document
Le dossier est dans le mail. La version à jour est dans un fichier partagé. La réponse est dans la tête de quelqu’un. Ce qu’on cherche trois fois n’est pas rangé : il est dupliqué.
Le fichier s’appelle « devis final v3 bis »
Il existe. Il est dans un dossier que seule une personne connaît. Le jour où elle est absente, tout le monde cherche, puis quelqu’un refait le document.
Deux fois le travail, pour une règle de nommage qui n’a jamais été écrite. Le nom du fichier raconte l’histoire : « final », « v3 », « bis » sont trois tentatives de dire la même chose, qu’aucune règle ne tranche.
La mesure, avec le chronomètre du téléphone
C’est la plus simple des trois que je fais, et vous pouvez la faire ce soir. Choisissez trois documents au hasard parmi ceux dont vous vous servez. Cherchez-les en vous chronométrant. Notez.
Comptez ensuite combien de fois par jour quelqu’un demande « tu sais où c’est ? ». Une journée suffit, en faisant une marque à chaque fois.
| Personnes concernées | 5 |
|---|---|
| Recherches par personne | 5 par jour |
| Durée d’une recherche | 160 secondes |
| Jours ouvrés | 220 |
| Temps de recherche | 244 h par an, soit 35 journées |
Moins de trois minutes à chaque fois. Cinq fois par jour. C’est tout, et ça fait ce total. Voilà pourquoi personne ne le voit.
Calculé par la même fonction que le calculateur de l’accueil. Changez une valeur, le total change.
Pourquoi le rangement ne suffit pas
Ranger, c’est déplacer des fichiers. Le problème revient six mois plus tard, parce que la règle n’a pas été écrite et que chacun a rangé à sa façon.
Ce qui tient, c’est une règle courte, écrite, la même pour tous, appliquée aux nouveaux documents seulement. Reprendre l’historique est un chantier qu’on ne finit jamais ; faire propre à partir de maintenant se tient en une semaine.
Les trois décisions qui règlent le sujet
Un seul endroit de référence par sujet. Décidé avec l’équipe, pas imposé. Si la décision ne vient pas de ceux qui cherchent, elle sera contournée.
Une règle de nommage en deux lignes. Date, client, nature du document, dans cet ordre. Deux lignes, pas une page : une règle longue n’est pas suivie.
Aucune version dans le nom. Si « v3 » est nécessaire, c’est que l’outil ne garde pas l’historique. Changer d’outil coûte moins cher que de gérer les versions à la main.
Le cas de la boîte mail utilisée comme classeur
C’est le plus fréquent, et le plus coûteux. Les dossiers vivent dans les messages, classés par expéditeur et par date, c’est-à-dire par deux critères qui n’ont rien à voir avec le travail.
Le symptôme est simple à reconnaître : pour retrouver un élément, on cherche d’abord qui l’a envoyé. Quand la réponse dépend de la mémoire d’une personne, le classement n’existe pas.
Sortir un dossier de la boîte mail ne demande aucun outil. Un dossier par client, les pièces dedans, et le mail redevient ce qu’il est : un moyen de transport, pas un lieu de stockage.
Ce que ça change dans une semaine
La recherche ne disparaît pas. Elle passe de deux ou trois minutes à quelques secondes, et surtout elle cesse de dépendre d’une personne.
Le vrai gain n’est pas le temps : c’est que l’absence de quelqu’un cesse d’arrêter un dossier.
Trois documents, chronomètre en main
Trente minutes à distance, gratuites. Faites la mesure avant, on regarde le chiffre ensemble.