Sept fuites, sept phrases

Où une PME perd-elle du temps ?

Toujours aux mêmes endroits. Pas dans le travail lui-même, mais autour : dans ce qu’on cherche, ce qu’on retape, ce qu’on attend. Voici les sept fuites que je retrouve dans presque toutes les petites structures de bureau.

Chacune se reconnaît à une phrase. Si vous l’entendez chez vous cette semaine, la fuite est là.

1. La recherche

« Tu sais où c’est ? »

Le dossier est dans le mail, la version à jour dans un fichier partagé, la réponse dans la tête de quelqu’un.

Ce qui la règle : Un seul endroit de référence par sujet, décidé avec l’équipe.

2. La ressaisie

« Je le retape vite fait. »

Une commande tapée dans la vente, retapée dans la facturation, recopiée dans un tableau de suivi.

Ce qui la règle : Faire sortir la donnée de sa source une fois, proprement.

3. La relance

« Je crois que je l’ai déjà relancé. »

La relance se fait quand on y pense : parfois trop tard, parfois deux fois, parfois jamais.

Ce qui la règle : Une liste tenue au même endroit, avec une date.

4. L’attente

« J’attends la validation. »

Le dossier est prêt le mardi, il part le jeudi, parce qu’une signature manquait.

Ce qui la règle : Une règle écrite qui dit qui décide quoi, et jusqu’à quel montant.

5. La reprise

« On refait, il manquait une pièce. »

Le travail est terminé, puis recommencé, parce qu’une information est arrivée trop tard.

Ce qui la règle : Demander la pièce au début, pas au moment de conclure.

6. La réunion

« On se cale un point pour en parler. »

Une heure, six personnes, aucune décision écrite à la sortie.

Ce qui la règle : Pas de réunion sans une décision à prendre, nommée à l’avance.

7. La remise en contexte

« Je reprends où j’en étais. »

Avant chaque rendez-vous, on relit les mails, on rouvre les devis, on reconstitue l’histoire.

Ce qui la règle : Une fiche par client, une page, tenue à jour après chaque échange.

Ce qu’elles coûtent, une fois comptées

Trois de ces sept fuites se comptent facilement : la recherche, la relance, la ressaisie. Voici ce qu’elles donnent sur un jeu de valeurs d’exemple, celui d’une petite structure de bureau.

Le jeu de valeurs, et ce qu’il produit sur un an.
Effectif8 personnes
Recherche90 s, 6 fois par jour et par personne
Relances40 sur 30 jours, 4 min chacune
Ressaisie60 commandes par mois, 3 logiciels, 3 min
Recherche264 h par an
Relances32 h par an
Ressaisie72 h par an
Total368 h, soit 53 journées

Les quatre autres fuites ne sont pas dans ce total. Elles existent, elles coûtent, et elles se mesurent autrement : en dates, pas en chronomètre.

Pourquoi personne ne les voit

Parce qu’elles sont toutes courtes. Deux minutes ici, dix là. Aucune ne mérite qu’on s’arrête, et c’est exactement pour ça qu’elles durent des années.

Elles ne figurent sur aucune ligne comptable. Le salaire est payé en entier, quel que soit ce qu’on a fait de l’heure. La perte est réelle et invisible en même temps.

Et personne n’en parle, parce que personne ne se sent responsable d’une fuite qui vient de l’organisation et pas des gens.

Par où je commence, chez un client

Par celle qui se compte le plus vite. La recherche, presque toujours : un chronomètre, trois jours, et le chiffre existe.

Un chiffre obtenu change la discussion. Tant qu’on parle d’impression, chacun a la sienne. Dès qu’un nombre est posé, on parle de ce qu’on en fait.

Les quatre pages qui détaillent

Trois de ces fuites ont leur page, avec la mesure et le calcul :la recherche,la ressaisie etles relances. Etla page diagnostic explique comment je les compte toutes en une semaine.

Mesurer mes pertesVoir ce que je propose

Laquelle des sept entendez-vous le plus ?

Trente minutes à distance, gratuites. On part de celle-là, et on la compte.

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