Votre entreprise n’a peut-être pas besoin d’IA
C’est une drôle de page à écrire pour quelqu’un qui construit des outils automatiques. Je la maintiens : la première question n’est pas « quelle IA », ni même « faut-il de l’IA ». C’est « quelle tâche, et combien d’heures ».
Une tâche inutile automatisée reste inutile
Elle devient seulement plus rapide, et plus difficile à supprimer, parce qu’on l’a payée.
C’est le piège le plus courant. Une entreprise repère un travail pénible, achète un outil pour le faire à sa place, et se retrouve avec le même travail, une facture mensuelle en plus, et une raison de ne plus y toucher.
L’ordre que je respecte
- L’étape sert-elle encore à quelqu’un ? Sinon, elle disparaît. Gratuit, immédiat, définitif.
- Est-elle encombrée ? Une règle plus simple, écrite, suffit souvent.
- Dépend-elle d’une seule personne ? On l’écrit, tout le monde fait pareil.
- Seulement maintenant : l’automatiser. Sur un geste répétitif, mesuré, stable.
L’intelligence artificielle est un outil du quatrième barreau. Prise au premier, elle fige ce qu’il fallait retirer.
Ce que je mesure avant d’en parler
Trois chiffres, toujours les mêmes : combien de fois le geste est fait, combien de temps il prend, combien de personnes le font. Ce sont exactement les trois mesures du calculateur, et vous pouvez les faire sans moi.
Tant que ces trois chiffres n’existent pas, toute discussion sur un gain est une discussion sur une opinion.
Quand l’automatisation est le bon choix
Quand le geste est répétitif et sans jugement. Quand il est fait souvent. Quand la règle est stable, écrite, et ne change pas tous les mois. Quand une erreur se voit tout de suite.
Si ces quatre conditions sont réunies, l’automatisation tient, et elle tient longtemps. Sinon, elle demande plus de surveillance qu’elle n’économise de temps.
Des exemples, barreau par barreau
Premier barreau, supprimer. Un rapport hebdomadaire que trois personnes reçoivent et qu’aucune n’ouvre. Le test est simple : arrêtez de l’envoyer, et comptez combien de jours passent avant que quelqu’un le réclame. Souvent, personne ne le réclame.
Deuxième barreau, simplifier. Un formulaire de vingt champs dont six servent. Retirer les quatorze autres prend dix minutes et fait gagner du temps à chaque saisie, pour toujours.
Troisième barreau, écrire ce que tout le monde fait. Trois personnes nomment leurs fichiers de trois façons. Une règle écrite en deux lignes, appliquée aux nouveaux fichiers seulement, et la recherche redevient possible.
Quatrième barreau, automatiser. Une relance envoyée le même jour, avec le même texte, à chaque client qui dépasse trente jours. Règle stable, geste répétitif, erreur visible immédiatement. Là, oui.
Quatre questions à poser à un vendeur
Quelle tâche exactement, et combien de fois par semaine est-elle faite chez moi ? Si la réponse ne contient pas de chiffre venant de votre entreprise, la proposition ne repose sur rien.
Que se passe-t-il quand l’outil se trompe ? Un bon outil rend ses erreurs visibles. Un mauvais les écrit dans votre base sans rien dire.
Qui corrige, et en combien de temps ? Une automatisation qui demande une surveillance quotidienne coûte le temps qu’elle prétend rendre.
Comment j’arrête ? Si sortir de l’outil signifie perdre les données, le prix réel n’est pas celui de l’abonnement.
Le cas particulier de la facturation électronique
L’échéance à venir va obliger beaucoup d’entreprises à toucher à leur flux de facturation. C’est une contrainte, et c’est aussi la meilleure occasion depuis des années de remettre les trois premiers barreaux en ordre.
Profiter du chantier obligatoire pour supprimer ce qui ne sert plus coûte moins cher que de le faire deux fois. Reporter l’examen jusqu’à la dernière semaine coûte plus cher que tout.
Ce que je ne vous dirai pas
Je n’avance aucun pourcentage de gain. Pas parce que je les ignore, mais parce que ceux qui circulent viennent d’éditeurs et portent sur d’autres entreprises que la vôtre. Chez vous, le gain se constate après, en remesurant.
Et je ne vends aucun outil. C’est écritsur la page qui dit ce que je refuse, et ça vaut aussi pour l’IA.
Ce que l’IA fait déjà bien, chez moi
Elle lit vite. L’examen externe gratuit de ce site est un programme qui lit une page comme le fait un robot, et compte ce qu’il trouve. Ça, c’est un geste répétitif, sans jugement, à règle stable. Le quatrième barreau.
Une tâche précise, et on regarde
Trente minutes à distance, gratuites. Vous m’en citez une, je vous dis franchement à quel barreau elle est.