Diagnostic organisationnel pour PME : qui fait quoi, et qui attend qui
Dans une petite structure, ce n’est presque jamais la vitesse de travail qui coûte. C’est l’attente. Un dossier prêt qui ne part pas, parce qu’il manque un accord.
Trois choses que je cherche
Le goulot. La personne ou l’étape par laquelle tout doit passer. Elle n’est pas lente : elle est seule. Dans une entreprise de moins de vingt personnes, c’est souvent le dirigeant lui-même.
Le circuit de validation. La suite des gens qui doivent dire oui. Quand je demande à quoi sert la troisième signature, personne ne sait. Elle a été ajoutée après un incident, il y a des années, et l’incident est oublié.
La dépendance à une personne. « Il faut demander à Jean. » Jean part en vacances, et trois dossiers attendent. Ce n’est pas un problème de Jean, c’est un problème de documentation.
Ce que coûte une attente, calculé
Une validation par jour, 20 minutes d’attente à chaque fois, sur une équipe de 5 personnes. Rien de spectaculaire pris isolément.
| Personnes concernées | 5 |
|---|---|
| Attentes par personne | 1 par jour |
| Durée d’une attente | 20 minutes |
| Jours ouvrés | 220 |
| Temps d’attente | 367 h par an, soit 52 journées |
C’est le genre de chiffre que personne ne voit passer, parce qu’il ne figure sur aucune ligne. Il est pourtant payé.
Calculé par la même fonction que le calculateur de l’accueil. Changez une valeur, le total change.
Comment je le constate, sans réunion
Je regarde les dates. La date où le dossier est prêt, la date où il repart. La différence est l’attente, et elle est écrite dans vos outils, pas dans les souvenirs.
Je demande ensuite une seule chose à la personne qui valide : qu’est-ce que vous vérifiez, exactement ? Quand la réponse est « rien de particulier », l’étape peut disparaître.
Le test des vacances
Il n’y a pas plus simple pour trouver une dépendance. Prenez la semaine où une personne clé était absente, et regardez ce qui s’est arrêté.
Ce qui s’est arrêté n’est pas la faute de cette personne. C’est la liste de ce qui n’a jamais été écrit. Et c’est exactement la liste par laquelle commencer.
Dans une entreprise de moins de dix personnes, cette liste tient en général sur une page. La rédiger prend une demi-journée, et elle vaut plus que n’importe quel outil acheté cette année-là.
Pourquoi les circuits de validation s’allongent
Jamais par décision. Toujours par sédimentation. Un incident se produit, on ajoute un contrôle, et on ne le retire plus, parce que personne n’a envie de signer le retrait.
Au bout de quelques années, le circuit contient des étapes dont plus personne ne connaît la cause. Elles coûtent chacune un délai, et ensemble elles coûtent la réactivité.
La question à poser n’est donc pas « faut-il supprimer cette validation ». C’est « qu’est-ce qu’elle vérifie, et quand a-t-elle attrapé quelque chose pour la dernière fois ». Quand la réponse est « jamais », la décision devient facile.
Les chiffres qui existent déjà chez vous
Vous n’avez pas besoin d’un nouvel outil pour mesurer une attente. Les dates d’envoi de vos messages, l’historique de vos devis, les horodatages de votre partage de documents : tout est déjà enregistré.
Ce qui manque n’est pas la donnée, c’est le moment où quelqu’un s’assoit pour la lire. C’est une partie de mon travail, et rien n’empêche de le faire sans moi.
Ce qui marche, et qui ne coûte rien
Une règle écrite qui dit qui peut décider quoi, et jusqu’à quel montant. Une page. Elle retire la moitié des allers-retours.
Écrire comment on fait, pour les trois tâches où une seule personne sait. Une demi-journée, et Jean peut prendre ses vacances.
Aucun logiciel là-dedans. C’est volontaire :automatiser une étape inutile la rend plus rapide, pas plus utile.
Qui attend qui, chez vous ?
Trente minutes à distance, gratuites. On prend un dossier et on regarde ses dates.